La Divine Comédie - Enfer
Une quête de l’inconnu et de la réflexion à travers un voyage mystique et mythique par Dante.
La Divine Comédie est une œuvre phare de la Renaissance, s’inscrivant dans la lignée temporelle de la littérature en tant que maillon essentiel. C’est grâce à elle que son auteur, Dante Alighieri, fait passer son nom à la postérité, tout en traitant d’un voyage surnaturel qui est lui-même une métaphore du cheminement personnel, spirituel et intellectuel de chacun. Cet ouvrage s’inspire sur certains points des auteurs antiques, notamment de Virgile et son Enéide, à tel point que ce personnage est présent dans la traversée infernale en tant que guide. En tant que maillon d’une chaîne littéraire longue de plusieurs siècles, cet écrit est devenu à son tour une référence pour les artistes à venir (entre autres pour Kurumada qui s’en est grandement inspiré pour recréer les enfers dans Saint Seiya Hadès).
Ce long poème épique et religieux mélange des éléments de la religion chrétienne (schisme entre terre, paradis et enfers comportant un purgatoire, présence d’Anges,…), et de la mythologie grecque (présence de personnages mythiques), la religion passée qui était celle des auteurs dont Dante se clame disciple : Virgile, Homère, Horace, Ovide et Lucain [Enfer IV - 88]. Les références religieuses et mythologiques sont légion, dont par exemple la présence de Cerbère, de Charon le passeur ou encore la présence de divers personnages célèbres, qu’ils soient réels ou fictifs.
On peut ainsi découvrir de nombreuses références évidentes : Didon et Cléopâtre, les reines déchues par luxure (2ème cercle), Jason, Ulysse et Diomède pêchant par colère (8ème cercle). Moins percutants au premier abord il y a également une série d’autres personnages au nom moins notoire malgré un rôle parfois de poids : Sinon (espion grec pendant la guerre de Troie, principal responsable de l’entrée du fameux cheval de bois), Tirésias (devin Thébain qui changea de sexe en frappant deux serpents), ou encore Cassius et Brutus (traîtres et meurtriers de Jules César).
En outre si Dante tire un grand nombre de ces gens des titres classiques, on doit également remarquer qu’il en ajoute un certain nombre de son cru. Il s’agit souvent de contemporains tristement connus pour leur décadence et leurs pêchés en tout genre : de la flatterie à la luxure, en passant par la corruption et les pulsions suicidaires. Dans certains cas on peut constater que par l’écriture Dante dénonce certains méfaits de son époque (avérés et/ou présumés).
On retrouve ainsi Ciacco (3ème cercle), un concitoyen du florentin condamné pour gourmandise, Philippe Argenti (5ème cercle), un ennemi personnel de Dante qui l’aurait frappé et humilié en public, ou encore les hérétiques Farinata Degli Uberti (chef gibelin), Frédéric II l’épicurien, Anastase II (pape vivant lors du schisme de l’église orientale et occidentale), Azzolino III Da Romano (tyran gibelin).
nb : Si Dante s’en prend relativement facilement et sans remords aux gibelins, la raison en est simple et inscrite dans l’histoire : les guelfes et gibelins sont deux factions médiévales qui s’opposèrent militairement, politiquement et culturellement pendant la Renaissance, à Florence. Le point de discorde initial est la divergence de soutien envers le descendant accédant au trône de l’Empire Romain Germanique.
Plus tard une sous-faction finit par avoir lieu : les guelfes noirs et les guelfes blancs (où s’inscrit Dante). Cette séparation est à nouveau le fruit d’une guerre de clans qui en 1300 se dénoue par la défaite du parti blanc, obligé de s’exiler à Ravenne. Il y a donc de nombreuses relations directes entre des personnages du livre et cette période agitée de l’histoire…
Voir aussi : Anges, Enfers, Jason, Saint Seiya
