L’animal totem

Créature attachée à un individu ou un groupe, le concept d’animal totem est présent dans de nombreuses civilisations.

La première civilisation venant à l’esprit ayant l’animal totem dans sa culture est celle des indiens d’Amérique. De l’ordre spirituel, ce concept est très particulier et on le retrouve dans certains récits ou univers. Nommé le totémisme, cette pratique a cependant plusieurs aspects et définitions. La raison est que l’on retrouve le totem comme concept individuel, soit rattaché à une seule personne, mais aussi parfois de manière collective et parfois les deux.

L’animal totem n’est pas obligatoirement un créature fantastique, puisqu’il s’agit souvent d’un animal commun. Dans le cas où il attaché à une seule personne, il est plus qu’un simple familier, plus qu’un symbole représentant l’individu. Il s’agit d’un esprit gardien veillant sur son protégé, qui sera présent pour affronter les épreuves imposées, lors d’une quête ou tout simplement pour affronter la vie. Présent tout au quotidien, il peut également apparaître en rêve pour avertir d’un danger imminent. On nomme souvent cet être protecteur, le Grand Manitou, en Amérique du Nord, Nagual au Mexique, au Honduras et au Guatemala. Cependant dans le cas du Nagual, il y a une petite nuance dans sa relation avec son protégé. L’animal totem ne se contente pas de veiller sur une personne, il connaît le même destin qu’elle.

La découverte de son animal totem est une quête en soit, un rite d’initiation pour achever une préparation et débuter son aventure, dans la plupart des cas sa vie d’adulte, car c’est un moment important de l’existence. Cette épreuve se présente de diverses manières ; parfois il faut partir en voyage en jeûnant pour être pur jusqu’à rencontrer son animal. En Indonésie, l’animal totem envoie une vision durant le sommeil de son protégé, qui doit dès le lendemain partir à la chasse pour tuer un animal de l’espèce dont il a rêvé. Chez les Dayak et les Iban de Bornéo, l’individu doit trouver son animal également dans ses rêves en s’allongeant dans la forêt, ou près de la tombe d’un de ses ancêtres. Cependant il existe des exceptions comme chez les Yucatan, l’animal totem est déterminé dès la naissance. Les nouveaux-nés étaient déposés dans un temple et laissés toute la nuit. Le matin on venait examiner les empreintes d’animal sur le sol pour savoir lequel était venu durant la nuit. Celui qui était passé, était donc l’animal tutélaire de l’enfant.

Parmi tous les animaux, l’ours est le plus convoité car c’est un animal puissant inspirant force et robustesse, sauvage et imprévisible qu’aucun esprit ne contrôler. On pourrait penser que de ce fait c’est un esprit-gardien que rares sont ceux qui le possèdent, mais cela n’est pas le cas, tout au contraire. Etant un animal laissant beaucoup de traces derrière lui, nombreux sont les hommes le trouvant comme totem. Il l’est cependant très rarement pour les femmes, celles-ci ayant plus peur de cet animal et évitant de s’en approcher.

Dans le cas où l’animal totem a un rapport avec un groupe, l’animal représenté est lié à toute la communauté. Il s’agit donc d’un emblème et protecteur collectif, symbolisé par les sculptures que l’on nomme poteaux totémiques ou tout simplement totems dans les tribus amérindiennes. En langue alonquine, d’une tribu proche des grands lacs, à l’Est du Canada, totem vient de ototeman signifiant il est de ma famille. Ce qui marque l’importance et la proximité avec le totem de la tribu. Cela est d’autant renforcé que chez eux, l’animal totem se confond avec un de leur ancêtres. Ainsi le totem en plus d’être leur emblème est également le fondateur de leur tribu. Cela entraîne donc une vénération du totem et un grand respect envers lui avec une affection particulière par le lien familial.

Plusieurs spécialistes ont cherché à interpréter le totémisme et cela a donné lieu à plusieurs visions. Pour certains, il est de l’ordre du mystique, recréant ou maintenant le lien sacré entre hommes et animaux. Pour d’autres il s’agirait d’organiser les groupes et les distinguer lorsque les clans se sont fondés, par rapport au fait que les Ojibwa d’Amérique du Nord étaient divisés selon leurs animaux totems. D’autres théoriciens disent que le choix du totem est lié à l’utilité de l’animal, ainsi cela serait un respect envers ceux les aidant au quotidien, entre autre par la nourriture qu’ils leur apportent.

Dans tous les cas, l’attachement envers l’animal totem et son respect envers lui sont communs. Les pratiques différents cependant dans la manière de montrer ce respect. Ne serait-ce que si le totem est individuel ou collectif mais aussi dans certains détails. Parfois les règles veulent que l’animal servant de totem ne puisse être tué, alors que dans certains tribus, il peut être tué et mangé sans que cela soit un sacrilège. Au contraire, le manger est perçu comme la volonté de l’animal de nourrir celui qu’il protège.