Orphée, Hadès et Perséphone

Orphée

Dernière modification le 03/10/2021 par Ervael

Héros possédant une lyre comme seule arme, Orphée traverse les Enfers pour retrouver Eurydice.

Introduction

Orphée était le fils du roi Oeagre de Thrace et de la muse Calliope. Avec le don de la musique, transmis par sa mère, il devint aède et maîtrisa parfaitement le chant, la lyre, la cithare et la poésie. Sa musique pouvait également charmer les animaux, les hommes, les dieux, les forêts et les montagnes. Le dieu Apollon lui offrit une splendide lyre à laquelle il ajouta deux cordes afin qu’elle en ait neuf ; ceci pour honorer les neufs muses dont sa mère faisait partie.

La quête de la Toison d’Or

Le jeune homme était aussi un aventurier ; il partit avec les argonautes de Jason pour chercher la Toison d’or. Au cours de leur périple, il resta discret car il n’avait ni la puissance d’Héraclès, ni celle de Jason. C’est lui qui donne le rythme aux rameurs pendant tout le voyage. Cependant, il se distingue au cours de plusieurs escales ; il surpasse le chant des sirènes avec sa musique et sert d’intermédiaire avec les dieux de Samothrace dont il connaissait les secrets.

Eurydice

À son retour, il se fiança avec la dryade Eurydice, mais leur amour fut de courte durée. Un jour, pendant sa promenade près d’un fleuve de Thrace, Eurydice rencontra Aristée, le gardien du troupeau des muses. Celui-ci, tombant amoureux de la jeune femme, la poursuivit sans cesse, au point de la faire fuir. Dans sa course, Eurydice est mordue au mollet par un serpent et rejoint le royaume d’Hadès.

Orphée, ne parvenant pas à vivre sans elle, décida de la sortir du royaume des morts. Au cours de son voyage, il rencontre Charon le passeur, puis Cerbère, le terrible chien à trois têtes, chargé d’empêcher les vivants d’entrer aux Enfers et les morts d’en sortir. Avec sa musique, il charme le passeur puis le terrible gardien et parvient y pénétrer.

Après d’autres péripéties, il arriva devant Hadès, le souverain des Enfers accompagné de sa femme Perséphone. Il joue sur sa lyre un air mélancolique comme l’était son cœur, émouvant le couple infernal. Quoique la musique d’Orphée ait charmé les deux divinités, elles n’avaient cependant pas été totalement envoûtées. Hadès autorisa Orphée à repartir avec Eurydice, sous condition que jusqu’à la sortie des Enfers, il ne devait pas se retourner, ni pour voir sa fiancée, ni pour lui parler.

Orphée, Hadès et Perséphone

Il se dirigea vers la sortie des Enfers, refaisant tout le chemin qu’il avait parcouru en sens inverse, Eurydice le suivant en silence. Quand la lumière du jour apparut, impatient et inquiet du silence de sa fiancée, il se retourna trop tôt bien avant la sortie, et Eurydice repartit au royaume des morts pour l’éternité. Il tenta de rencontrer Hadès pour obtenir une nouvelle chance, mais Charon ne l’autorisa pas à traverser le Styx.

Orphée resta inconsolable pour toujours et ne regarda pas les autres femmes de Thrace, toutes prêtes à s’offrir à lui. Un jour, excédées par ce dédain qu’elles prenaient comme une insulte à leur beauté, elles s’emparent de lui, le déchiquettent et jettent ses membres dans un fleuve. Les muses retrouvèrent sa tête et sa lyre dans la mer, puis enterrèrent ses restes au pied de l’Olympe.

Références

Littérature : Les Contemplations et La Légende des siècles (V.Hugo), El Desdichado (G.de Nerval), Le Bestiaire ou Cortège d’Orphée (G.Apollinaire), La Nouvelle Eurydice (M.Yourcenar), Orphée noir (J-P.Sartre)

Peinture : Paysage avec Orphée et Eurydice (N.Poussin), Orphée (G.Moreau)

Cinéma : Orphée et Le testament d’Orphée (J.Cocteau)

Musique : Orphée (J-P. Rameau)

Opéra : Orphée et Eurydice (Gluck), Orphée aux Enfers (J.Hoffenbach)

Danse : Orpheus (I.Stravinsky)

Théâtre : La Toison d’Or (Corneille), Eurydice (J.Anouilh), La descente d’Orphée (T.Williams)

BD : Orphée et Eurydice (L.Ferry)

Animes et mangas : Saint Seiya (M.Kurumada)

Jeux vidéo : Hades (Supergiant Games)

Liens externes : textes majeurs (mediterranees.net), l’histoire avec Eurydice (Histoire Amour)

Image : Orphée devant Pluton et Proserpine (Perrier, Musée du Louvre)