Sin

Surnommé le dieu-lune, Sin est une divinité sumérienne importante.

Présentation

Parmi les innombrables noms le désignant, Sin est le plus connu que porte le dieu-lune sumérien. Certains l’appellent Nanna ou Nannar, d’autres par son titre d’Ashimbar. Sin reste cependant le principal et aussi celui dont la signification est la plus simple, les autres étant souvent complexes avec des origines inconnues. Sin s’écrit avec trois idéogrammes : Unique, Courir et Blanc. Ainsi cela lui vaut le surnom de coureur blanc solitaire, ce qui correspond très bien à l’astre lunaire.

Un autre de ses surnoms les plus connus est celui de la Barque, car Sin est un croissant qui navigue à travers le ciel toutes les nuits. Le choix de la barque vient des origines du monde où celui-ci n’était qu’une vaste étendue d’eau que les premiers dieux parcouraient dans une barque.

Origines et fonctions

Ses origines sont floues, mais la tradition mésopotamienne le place comme enfant des dieux du vent Enlil et Ninlil. Plus tard lorsque la création du monde fut attribuée à Marduk, Sin naquit du corps de Tiamat. Dans les versions sumériennes, il est le père de la déesse Ishtar.

On attribue différentes fonctions à Sin. Il facilite les accouchements car il est celui qui multiplie les espèces. Sous cet aspect, on le décrit comme de grande beauté et portant une grande quantité de couleurs exubérantes différentes. C’est un dieu également du présage, montrant les signes à ceux qui souhaitent en avoir, que les astrologues notent. Cependant lorsque la lune est nouvelle, le dieu reste muet à tous les appels.

Les rois font ainsi souvent appel à lui, Nabuchodonosor étant connu pour l’avoir appelé plusieurs fois. Sin est d’ailleurs lié à la royauté, car il est le dieu qui l’attribue en remettant le sceptre au roi et assure son renouvellement. Ainsi on décrit souvent les rois babyloniens comme éclatant tels que la nouvelle lune et ceux-ci se déclarent comme ses enfants. Le roi Nabonide fut d’ailleurs le plus reconnaissant envers Sin, l’appelant le Seigneur des dieux et le plaçant au-dessus des autres.

Culte et temple

Malgré l’importance qu’on pourrait lui penser, Sin est très peu vénéré. Il n’existe qu’un lieu qui lui était dédié autrefois, un temple sur une colline excentrée des villes de Sumer telles que Ur, au Sud de l’Euphrate. Ce temple à ciel ouvert était composé de deux parties, une cour dans laquelle les populations s’entassaient et la Cité interdite, réservée aux roi et aux prêtres. La configuration rappelait en quelque sorte les églises avec la nef et le chœur. Il y avait deux étages, le second accessible par trois escaliers se réunissant sous une arche digne d’un arc-de-triomphe. En haut on arrivait au temple du Sommet, tout blanc et inaccessible aux regards de la cour.

A l’angle de la cour et de la Cité interdite se trouvait un lieu également très important, révélant un autre aspect du dieu. Nommé la Grande maison noble, c’est un bâtiment carré dans lequel se trouve une ferme sacrée. Sin et son épouse la Grande Dame veillent dessus. On y trouve dedans une étable, une laiterie, une basse-cour et une volière, avec évidemment les animaux et éleveurs. Le lait produit est de grande qualité, celui de chèvre dit plus épais que celui de vache. Quand on sait que la cité d’Ur comptait beaucoup d’éleveurs, Sin était un modèle de fermier. Ainsi, les éleveurs faisaient souvent paître leurs animaux la nuit, sous le regard du dieu-lune. Dans les régions plus au Nord, Sin était moins vénéré pour cet aspect, car les populations y travaillaient plus le blé et l’orge. Cependant après la chute d’Ur, Sin et la Grande Dame partirent vers le Nord-Ouest, accompagnant les populations.