La création du monde

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Les différents récits de la création ou origine du monde dans les mythes.

Comment et dans quelles circonstances le monde et ce qui le constitue, les règles qui le régissent ont-ils été créés ? La question de la création a toujours été soulevée et encore aujourd’hui, même si l’angle de vue scientifique s’est ajouté, elle se pose et fascine toujours. Les temps antiques n’ont pas échappé à cela et toutes les civilisations, qu’elles soient sumériennes, grecques, nordiques, indiennes, possèdent un mythe de la création.

Le néant, le chaos originels

Tous les récits de création débutent par le silence et les ténèbres, par un désordre. Ciel et Terre sont indistincts, l’univers est en quelque sorte un tout non-définissable. Parfois on parle de néant pour désigner cet état de l’univers ou de chaos. Cependant les deux termes ne sont pas synonymes, car le chaos signifie l’absence de toute organisation alors que le néant évoque l’absence de tout, le vide. Le chaos a donc une forme, de la matière aussi désordonnée et indescriptible soit-elle, parfois décrit comme un océan infini. Selon les mythes, que le commencement débute par le chaos ou le néant entraîne des différences. Le problème étant quand les deux sont mentionnés, mais le chaos reste le plus évoqué. Il est personnifié en une divinité : Apsou chez les sumériens, Chaos chez les grecs, Noun chez les égyptiens, Narâyana chez les indiens, Muspilheim chez les nordiques. Chez les japonais, du Chaos naît les trois Kotoamatsukami (Amenominakanushi, Takamimusubi, Kamimusubi) qui donnèrent naissance au monde.

« C’était au premier âge
Où il n’y avait rien
Ni sable ni mer
Ni froides vagues;
De terre point n’y avait
Ni de ciel élevé
Béant était le vide
Et d’herbe nulle part. »

Völuspá, poème anonyme de mythes nordiques

Un jour tel un fœtus endormi dans ce désordre, naît un premier être, un dieu primordial, parfois suivi d’autres. Comment cela se produisit-il reste flou, pour ne pas dire inconnu, les peuples de l’époque étant dépassés par cette question. Ils en déduirent que ces divinités par leur puissance devaient par elle-mêmes trouvé comment sortir du néant. Leur naissance n’est alors dû qu’à leur propre volonté et force et celle-ci met un terme au sommeil indéfini du monde et le temps commence à s’écouler.

L’océan primordial

Chez les égyptiens, le chaos est personnifié par la déesse Noun, l’océan primordial. Le Nil étant pour eux la source de toute vie, le monde avant sa naissance était une étendue d’eau infinie. De Noun sort un premier ilôt sur lequel pousse un lotus duquel naît , le premier dieu. Le thème de l’océan primordial duquel tout naît se retrouve également chez les sumériens. Tiamat la déesse primordiale marine, naît d’Apsou et si ce qui suit après son apparition diffère de chez les égyptiens, son rôle est tout aussi important dans la genèse du monde que celui de Noun. Dès sa naissance, elle s’unit à Apsou et donne naissance à toute une foule de monstres tels que Moummou, Lakkhamou et Lakhmou, en étant elle même un. Le monde est encore en désordre, ce qui est symbolisé par le fait que tous les premiers êtres soient monstrueux, chacun symbolisant un élément naturel ou climatique.

“Lorsqu’en haut les cieux n’étaient pas nommés,

Qu’en bas la terre n’avait pas de nom,

Que même l’Apsou primordial, procréateur des dieux,

Moummou, Tiamat qui les enfanta tous

Mêlaient indistinctement leurs eaux,

Que les débris de roseaux ne s’étaient pas amassés,

Que les cannaies n’étaient pas encore visibles,

Lorsque nul dieu ,’était encore apparu,

N’avait reçu de nom ni subi de destin,

Alors naquirent les dieux du sein d’Apsou et de Tiamat.”

La naissance du monde, sources orientales

Mais compte tenu de leur nature, ces premiers êtres finissent par se combattre. Quand Apsou désire tuer ses enfants, l’un d’eux Ea, l’apprend et le tua. Si Tiamat voulut protéger ses enfants, elle les combat après cela.

Guerres contre les dieux primordiaux

Ce qui amène à un autre thème très courant dans les génèses du monde : le combat des primordiaux avec les premiers dieux ou êtres. Souvent les mythes de création débutent par une dispute de laquelle le monde est engendré et on retrouve le cas chez les grecs, où du Chaos naît Ouranos le Ciel et Gaïa la Terre qui enfantèrent les titans. Mais collé à Gaïa, Ouranos empêche sa femme d’accoucher jusqu’à ce que Cronos, leur dernier enfant se libère ainsi que ses frères de manière sanglante. On retrouve également la notion de monstres dans ce mythe, puisqu’en plus des titans Ouranos et Gaïa donnent naissance aux hécatonchires et aux cyclopes.

Le démembrement

Un autre thème suit souvent celui de ces conflits, celui du démembrement (d’un géant la plupart du temps) qui façonne le monde. On le trouve en revenant du côté des sumériens où lorsque Tiamat est vaincue par Marduk, il utilise les parties du corps de la déesse pour créer le monde. Chez les nordiques et germains, c’est du démembrement du géant Ymir que naît le monde mais aussi certaines races, comme les nains.

« Par la chair d’Ymir a été modelé la Terre,
De son sang, la mer saumâtre,
De ses cheveux, les arbres, les collines de ses os,
De son crâne le ciel le fut.

Mais de ses cils, les Dieux aimants,
Ont modelé Midgard pour les fils des Hommes ;
De ses sourcils ils ont créé les nuages menaçants
Qui des cieux parcourent les mondes. »

L’Edda

De même chez les hindous, le monde naquit après la mort du géant Purusha. Son souffle devint le vent, son œil gauche le soleil, le droit la lune, ses membres devinrent les extrémités du monde. Son sang devint un fleuve.

Chez les aztèques, le monde fut créé à partir du monstre Cipactli. Quetzalcòatl et Tezcatlipoca. Avec sa tête ils créèrent les espaces célestes, avec son corps les terrestres puis avec sa queue et ses membres l’inframonde.

L’œuf originel

Une autre version du mythe hindou débute par un œuf, né du chaos primordial. De lui naît le dieu Brahma qui utilise la coquille divisée en deux, pour créer la terre et le ciel. Il s’agit du thème de l’œuf cosmogonite, que l’on retrouve dans beaucoup de mythes, de manière plus ou moins métaphorique. Le récit d’Ouranos et Gaïa cité auparavant ou chez les chinois, celui du géant Pan Kou, qui trancha l’œuf en deux pour créer le monde en sont des exemples.

Références

Littérature : Enuma ElishEdda

 

Lien externe : Titans et création de l’univers (BnF)