Divinité majeure des mythes incas, Viracocha est le créateur du monde et des hommes.

Introduction

Nommé également Con Ticci Viracocha, Thunupa Viracocha ou Viracocha Pachayachachic, son nom signifie graisse de la mer ou écume de la mer. Cette signification vient du fait qu’il apparut un jour du lac Titicaca. On trouve aussi son nom orthographié HuiracochaWiracocha ou Wiraqocha.

Viracocha

La création du monde

Dans un monde totalement obscur, il commença par créer les premiers êtres qui ressemblaient à des géants. On ignore précisément pourquoi, mais ces êtres le mirent en colère. Pour les punir, il décida de mettre fin à l’ère en cours, provoque un déluge et les changea en pierres. On dit que les pierres de Tiahuanaco sont les restes de ces géants.

Pour recommencer son œuvre, Viracocha, d’une île du lac Titicaca, fit appel au soleil, à  la lune et aux étoiles. Les incas l’appelèrent l’île du Soleil, sur laquelle ils se rendaient une fois par an. Ensuite, avec des pierres autour du lac, Viracocha créa des hommes, des femmes et des enfants. Ainsi, il en créa pour chaque nation qui composa l’empire inca, avec des distinctions différentes par leurs vêtements, leurs langues, leurs chants et ce qui les nourrissaient.

Selon les régions de l’empire inca, c’est parfois Pachacamac qui est désigné comme leur créateur. Les deux dieux sont souvent définis comme miroirs, car quelquefois ils ne forment qu’un.

Autre version

Dans une autre version, Viracocha apparaît après le Déluge, quand les eaux baissèrent lorsqu’il ne resta plus qu’un homme et qu’une femme. Il repeuple la terre en créant les ancêtres de chaque nation, ainsi que tous les animaux. Deux de ses créations deviennent ses fils : Imaymana Viracocha et Tocapo Viracocha.

En attendant où il enverrait les ancêtres de chaque nation, Viracocha les mit dans le monde souterrain. Ensuite, il envoie Imaymana longer la forêt au nord-ouest et Ticapo le long de la côte. De son côté, il voyage dans les hautes terres, entre ses deux fils. Sur leur route, chacun de son côté nomme les arbres qu’il rencontre ; puis, fait sortir les ancêtres, par des grottes et des sources venant du monde souterrain, là où ceux-ci doivent vivre. Arrivés au bout de leur voyage, tous les trois atteignent l’océan, marchent sur l’eau et disparaissent à l’horizon.

Le mythe des conquistadors

En 1550, les conquistadors Cieza de León et Juan de Betanzos rapportent le mythe de Viracocha. Pour eux, c’est un grand voyageur qui guérit les malades. Il réalise également des miracles, redonne la vue ou la parole durant toutes ses expéditions.

Un récit relate qu’un jour Viracocha arrive au village de Cacha, situé au sud-est de Cuzco. Les habitants armés vinrent à lui et Viracocha, à genoux, semble implorer le ciel qui se met en feu. Terrifiés, les habitants lui demandent pardon ; alors en tapant trois coups de son bâton de pèlerin sur le sol, Viracocha éteint le feu qui avait déjà touché des rochers au point de les ramollir. Les habitants érigèrent ensuite une statue en son honneur et lui offrirent or et argent en offrande.

Après, non loin de là, Viracocha monta au sommet d’une montagne et appela tous les ancêtres des contemporains de Betanzos. Une autre statue le représentant fut donc érigée en son honneur à cet endroit. Il se rendit ensuite à Cuzco, où il appela de la terre le grand seigneur Alcavicça qui devint le souverain du peuple. Celui-ci porta le même nom que lui, avant l’arrivée des incas et que Cuzco ne devienne la capitale de leur empire. Avant de repartir, Viracocha ordonna que les orejones, signifiant grandes oreilles, surgissent de terre. Ce sont les nobles incas, leur nom vient de leurs oreilles percées pour y accrocher des bobines d’or.

Betanzos, avant de rapporter cette histoire, était allé à Cacha et avait vu la terre brûlée. Il en profita pour demander aux habitants la description de Viracocha. Le dieu est un homme de grande taille, vêtu d’une grande tunique blanche qui descend jusqu’aux chevilles. Ses cheveux sont courts avec une tonsure, sans chapeau et il n’a rien d’autre.

Le Viracocha de Huarochiri

Viracocha est un dieu créateur dans la province de Huarochiri du peuple des yayos, qui vénérait Huallallo Carhuincho ; mais on ignore s’il s’agit du même. Cependant, il a des points communs qui laissent supposer que c’est bien le même dieu.

Une histoire raconte que Viracocha avait créé les villages où il avait apporté les techniques de champs en terrasses et d’irrigation avec les canaux. N’étant pas reconnu, il errait tel un mendiant, seul sans amis et se faisait insulter sans cesse. Un jour, il rencontra Cavillaca une magnifique vierge qu’il désirait,  mais elle le repoussait. Ne pouvant pas coucher avec elle directement, il se transforma en oiseau et déposa sa semence sur un lucuma, un fruit qui poussait sur des arbres sous lesquels Cavillaca tissait.

Mangeant le fruit, Cavillaca tomba enceinte ne sachant pas par qui et comment. Quand son enfant eut un an, elle décida de résoudre ce mystère. Elle appela toutes les divinités masculines des montagnes et lieux sacrés. Viracocha était présent, toujours sous l’apparence d’un mendiant. Cavillaca leur demanda qui était le père de son enfant. Aucun ne répondant, elle posa son enfant sur le sol, disant qu’il irait naturellement vers son père. Ce que l’enfant fit rampant jusqu’à Viracocha et montant gaiement sur ses genoux.

Horrifiée d’avoir enfanté d’un être aussi misérable, Cavillaca de colère prit son enfant et s’en alla vers l’océan, près de Pachacamac. Dès qu’elle entra dans la mer, elle se transforma en pierre avec son enfant.

Viracocha pendant ce temps la poursuit. Il questionne les animaux pour savoir s’ils ont croisé Cavillaca et son enfant. Selon leurs réponses, il leur donne des destins bons ou mauvais. C’est ainsi que le condor acquit une grande longévité sans manquer de nourriture en mangeant sur les cadavres. Par contre, le sconse, par sa mauvaise réponse, fut condamné à puer et à devenir nocturne.

Viracocha finit par arriver sur le site de Pachacamac, où les filles de Urpay Huachac étaient gardées par un serpent. Il séduit l’aînée, mais lorsqu’il tente avec la cadette, elle se transforme en colombe et s’enfuit. De colère, Viracocha jeta dans l’océan les poissons que Urpay Huachac conservait dans un bassin, peuplant ainsi la mer. Indéfiniment, il poursuit la recherche de Cavillaca, sans jamais la retrouver.

Références

Lien externe (en) : The supreme gods of incas (World History Encyclopedia)

Image : Wikipédia

Dernière modification le 25/06/2021 par Ervael