Créature sacrée, associée à l’immortalité, le Phénix renaît de ses cendres.
Introduction
Oiseau de feu, le Phénix (Phœnix en grec) est un animal noble et sacré, dont la perfection est telle qu’il n’en existe qu’un seul. Il n’a aucun congénère, ni descendant. Il est très indépendant et ne se laissera jamais apprivoiser.
Présent dans diverses contrées, cette créature est le symbole de la résurrection et de l’immortalité dans toutes.
Description
Le phénix est décrit comme un oiseau au plumage aux couleurs de flammes. Selon les univers sa taille est variable, allant de celle d’un rapace à celle d’un oiseau géant.

Son principal pouvoir consiste à renaître de ses cendres. Tous les cinq cents ans, il doit régénérer ses forces par le feu. Pour ce faire, le Phénix cherche un haut sommet, loin et isolé de tout ; là il se fabrique un nid d’épices et d’herbes aromatiques, puis s’y niche, alors ses plumes prennent feu et embrasent le nid.
Sa combustion dure trois jours et ne laisse qu’un tas de cendres chaudes. De ces restes, jaillit alors un nouveau Phénix. A ce pouvoir, s’ajoutent celui de lire dans le cœur des hommes et celui de déceler tous ceux dont les intentions sont impures.
Origine, symboles et signification du mythe
Antiquité égyptienne
L’origine du mythe vient de l’Égypte, plus précisément de la cité d’Héliopolis. A l’époque était vénéré le Benou, un oiseau semblable au héron, associé au dieu solaire Râ.

Le Benu fut le premier être à sortir de l’Océan primordial, il se retrouva perché sur le premier morceau de terre, une toute petite île. Le temps se déclencha à son premier cri. Depuis ce jour, le Benu accompagne également les morts jusqu’à Osiris dans l’Au-delà.
Antiquité grecque
Chez les grecs, Hésiode est le premier à évoquer le phénix dans un poème.

« La corneille babillarde vit neuf générations d’hommes florissants de jeunesse ; le cerf vit quatre fois plus que la corneille ; le corbeau vieillit pendant trois âges de cerf ; le phénix vit neuf âges du corbeau et nous vivons dix âges de phénix, nous, Nymphes aux beaux cheveux, filles de Zeus armé de l’égide. » »
— Hésiode
C’est au Vème siècle avant J-C que Hérodote en fait une description plus précise à partir de la légende du Benou d’Héliopolis. Il présente la créature sous le nom de phénix, qui signifie rouge en grec.
Empire romain
Sous l’Empire romain, des auteurs comme Ovide, Pline l’Ancien évoqueront aussi cet oiseau fabuleux, lui trouvant parfois d’autres origines et étoffant, notamment dans ses pouvoirs. Ainsi, chez les romains, le Phénix était le symbole de la force vitale éternelle de l’Empire. Certaines pièces de monnaies étaient d’ailleurs frappées à son effigie.

« Il n’y a qu’un oiseau qui se renouvelle et se redonne à lui-même la vie; les Assyriens l’appellent phénix. »
— Ovide, Les Métamorphoses
Perse, Inde et Japon
Chez les perses on trouve son cousin, le Simurgh qui possède les mêmes pouvoirs. Chez les arabes et les indiens, le Rokh est parfois décrit comme un cousin du Simurgh et de ce fait phénix.
Au Japon, il est l’esprit élémentaire du feu. On surnomme également le ginkgo, l’arbre phénix. Cet arbre qui est le symbole de Tokyo tient ce surnom du fait que suite au tremblement de terre de 1923, on pensait tous les ginkgo morts. Cependant à la différence d’autres espèces d’arbres, ceux-ci ont recommencé à repousser. On retrouve le même phénomène en 1945, après les évènements d’Hiroshima. Alors que la bombe avait tout détruit, le printemps suivant les ginkgo ont recommencé à repousser. C’est ainsi qu’ils détiennent cette réputation d’arbres immortels, qui renaissent de leurs cendres comme le Phénix.
Moyen-âge
Au Moyen-Âge, il est l’un des emblèmes du Christ, mort puis ressuscité. On le retrouve également dans la tradition juive. Il est le seul oiseau n’ayant pas mangé du fruit interdit et a reçu la vie éternelle pour cela.
Du fait de sa noblesse et de ce qu’il représente, il n’est pas rare de le trouver utilisé sur des blasons de familles ou d’emblèmes de villes. Aux États-Unis il est le symbole des villes de San Francisco et d’Atlanta et donne même son nom à la ville de Phoenix en Arizona.
Histoire
La légende de l’Oiseau Phénix
Légende canadienne, rapportée sous le nom de Phénix Doré par le folkloriste Marius Barbeau, celle-ci raconte qu’un riche paysan se faisait voler chaque nuit des pommes d’or par un oiseau-phénix. Afin d’y mettre fin, il chargea ses trois fils de se relayer la nuit pour garder le pommier, mais les deux premiers échouèrent, car un s’endormit et l’autre but trop.
Cependant le dernier, le plus jeune resta éveillé et parvint à capturer l’oiseau, qui se changea en magnifique jeune fille devant tout le monde. Le jeune homme obtint sa main et ils se marièrent.

« L’amour est un phénix qu’on ne prend pas au piège. »
— Didier Erasme
Références
Littérature : Les Métamorphoses (Ovide), Divine Comédie (Dante), Le Cinquième Livre (Rabelais), La Princesse de Babylone (Voltaire), Harry Potter (J.K Rowling), Les Fables de la Fontaine, Le Corbeau et le Renard (J.de La Fontaine), Volume 1 de Contes du grand-père sept-heures (M.Barbeau)
Mangas et animes : Saint Seiya (M.Kurumada), One Piece (I.Oda), Dungeon Meshi (R.Kui)
Comics : X-Men (Marvel)
Jeux vidéo : Phoenix (Hiraoka), Final Fantasy (Squaresoft), Heroes IV (Ubisoft), DOTA 2 (Valve)
Liens externes : estampe japonaise et globe céleste de Coronelli (BnF), cet oiseau mythique qui renait toujours de ses cendres (Daily Geek Show), Tout savoir sur le phénix, cet oiseau légendaire (Femme Actuelle), un art de la renaissance encore bien vivant (Le Monde)
Images : Pixabay, Wikimedia Commons
Dernière modification le 16/03/2026.






