La sorcellerie

Dernière modification le 11/07/2020 par Ervael

Magie obscure associés au maudit et aux fléaux, la sorcellerie est l’art des sorcières.

Introduction

Art magique datant de l’antiquité, se retrouvant sur tous les continents, la sorcellerie autrefois associée en Europe au paganisme est par la suite devenu un art du mal, pratiqué par des sorcières considérées comme hérétiques.

La sorcellerie était vue comme un aspect des craintes, des haines des hommes et la cause de catastrophes ou de fléaux, ses pratiquants essaient de chasser le mal. Cependant parfois ils essaient de s’en servir pour le dominer et lutter contre le mal par le mal ou y cèdent pour des raisons comme l’amour.

Dans sa définition première, la sorcellerie est l’art d’interroger le destin et donc pouvoir en modifier le cours. Cependant le terme est devenu à travers certains récits et dans la pratique souvent plus large, la sorcellerie incluant divers rituels et sortilèges.

Magie et sorcellerie

Si on peut penser que la sorcellerie est de la magie, alors il faut apporter quelques nuances. Si les deux appartiennent aux arts magiques, leurs principes sont différents.

La magie consiste à commander des forces surnaturelles et les mages sont des maîtres qui vivent avec leur temps. Ils s’installent dans les villes, s’adaptent aux nouvelles traditions et sont des protégés des cours.

La sorcellerie quant à elle veut commander des forces surnaturelles, pratiquée par des apprentis qui se sont laissés dépassés par ces forces. Ils vivent en marge, près de villages, sont peu sociaux et perpétuent d’anciennes traditions, devenues parfois avec le temps des hérésies.

Secrets de la Sorcellerie

S’ils ne sont pas reçus du Diable ou du démon avec qui le pacte a été scellé, les dons de sorcelleries se transmettent généralement par filiation ou par les grimoires. Ceux-ci permettent aux non-initiés d’apprendre les secrets de la discipline et de signer un pacte afin d’utiliser les pouvoirs que confère la sorcellerie.

Il faut attendre le XVIIème siècle pour trouver les deux principaux ouvrages sur le sujet : La clavicule de Salomon (issue d’un ouvrage du XIème siècle) et le Grimoire de Pape Honorius. Ils contiennent toutes les explications pour réaliser le pacte, avec les accessoires et instruments, les pentacles.

On trouve également des ouvrages plus petits, mais aussi contenant beaucoup d’idioties, qui étaient généralement vendus par les colporteurs dans les campagnes : Dragon rouge ou l’art de commander les esprits célestes, aériens, terrestres, infernaux et le Petit Albert sont les principaux.

Histoire

Il faut attendre 589 pour que le terme sorcier apparaisse la première fois, car dans l’antiquité on parlait plus de magiciens. La sorcellerie est cependant un art ancestral, une tradition orale transmise de génération en génération depuis l’antiquité. Cette tradition s’essouffla avec les nouveaux cultes, cependant elle ne disparut jamais.

C’est un art principalement pratiqué par les femmes, celles-ci étant plus sensibles aux influences, vivant plus malheureuses que les hommes dans les campagnes par leur quotidien dur et épuisant. Les théoriciens en ce qui concerne la tradition chrétienne y font un parallèle avec Eve, ayant cédé aux paroles du démon. Le fait que les pratiquants de la sorcellerie soient plus des femmes se retrouve d’ailleurs dans l’antiquité grecque. Dans la mythologie, on trouve des sorcières avec des personnages comme Circé ou Médée, liées à la déesse Hécate et non des sorciers.

« Pour un sorcier, dix-mille sorcières. »
Jules Michelet

Outre des femmes de campagne vivant isolées, on trouve d’autres types de personnes ayant pu être accusées de sorcellerie : bergers, maréchaux-ferrants (car travaillant avec des flammes dignes des enfers), tailleurs et cordonniers (car souvent infirmes), bûcherons (car vivant au fond des forêts), les colporteurs, les taupiers (pour leurs secrets), les anciens séminaristes n’ayant pas atteint l’ordination.

Les pratiquants de la sorcellerie ont toujours été mal vus. Durant l’antiquité, ils étaient aussi craints que respectés et tenus à l’écart, avant qu’au Moyen-Âge que débute la persécution des sorciers, quand ils devenaient boucs émissaires de maux rongeant le pays.

C’est au XVIème siècle avec la Renaissance que les procès de sorcellerie commencèrent à se faire plus nombreux. Les raisons étaient souvent les mêmes qu’auparavant, mais aussi que la sorcellerie remettait en avant des pratiques anciennes, jugées désormais païennes et hérétiques.

La persécution des sorcières continua au XVIIème siècle, celui de la Raison, connaissant de nombreuses guerres et misères. Cependant les choses se calmèrent au XVIIIème siècle, le siècle des Lumières où plus instruits, la croyance au malin et de ce fait sa crainte diminuèrent. Dans certains milieux comme à Versailles, la pratique de la sorcellerie, devient une distraction, un amusement. Il y eut tout de même des procès, mais concernant plus des charlatans, que des accusations comme par le passé.

Au XIXème siècle, le clergé gagnant en puissance, on pouvait penser que les procès avaient repris, cependant ce ne fut pas le cas, car celui-ci restait également plus éclairé et se focalisa plus sur les cas de possession.

Aujourd’hui la sorcellerie n’est plus aussi répandue qu’avant. La majorité des personnes se déclarant comme sorciers relève plus de prétendus détenteurs de pouvoirs et sont souvent des charlatans. Il y a très peu de véritables pratiquants connus ou ils sont très discrets en gardant le secret.

Références

Cinéma : Les Ensorceleuses (G.Dunne)

Télévision : Ma Sorcière bien-aimée (S.Saks), Charmed (A.Spelling)

Jeux vidéo : Fate/Grand Order (Type Moon)