La sorcellerie

Magie obscure associée au maudit et aux fléaux, la sorcellerie est l’art des sorcières.

Introduction

Art magique datant de l’antiquité, on retrouve la sorcellerie sur tous les continents. Autrefois associée en Europe au paganisme, elle est par la suite devenue un art du mal pratiqué par des sorcières considérées comme hérétiques.

La sorcellerie était vue avec un aspect de crainte, de haine des hommes et la cause de catastrophes ou de fléaux. Cependant, parfois ses pratiquants se servent d’elle pour dominer le mal et combattent le mal par le mal ou bien ils lui cèdent pour des raisons comme l’amour, par exemple.

Dans sa définition première, la sorcellerie est l’art d’interroger le destin et donc de pouvoir en modifier le cours. Mais, à travers certains récits, le terme est devenu dans la pratique souvent plus large, la sorcellerie incluant divers rituels et sortilèges.

Magie et sorcellerie

On peut penser que la sorcellerie est de la magie, aussi, il faut noter quelques nuances. Elles font partie toutes les deux des arts magiques, mais leurs principes sont différents.

La magie commande des forces surnaturelles. Les mages sont des maîtres vivant avec leur temps. Ils s’installent dans les villes, s’adaptent aux nouvelles traditions et sont des protégés des cours.

La sorcellerie veut commander les forces surnaturelles. Des apprentis, s’étant laissés dépassés par ces forces, la pratiquent. Ils vivent en marge près des villages, sont peu sociaux et perpétuent d’anciennes traditions devenues avec le temps des hérésies.

Secrets de la Sorcellerie

Quand ils ne sont pas reçus du Diable, ou du démon avec lequel le pacte a été scellé, les dons de sorcellerie se transmettent généralement par filiation ou par les grimoires. Ceux-ci permettent aux non-initiés d’apprendre les secrets de la discipline et de signer un pacte pour l’utilisation des pouvoirs de la sorcellerie.

C’est au XVIIème siècle que l’on trouve les deux principaux ouvrages sur le sujet : La clavicule de Salomon (issu d’un ouvrage du XIème siècle) et le Grimoire de Pape Honorius. Ils contiennent toutes les explications pour réaliser le pacte, avec les accessoires et instruments, les pentacles.

Des ouvrages plus petits existent aussi, mais ils renferment beaucoup d’inepties. Généralement, les colporteurs les vendaient dans les campagnes. Dragon rouge ou l’art de commander les esprits célestes, aériens, terrestres, infernaux et le Petit Albert en sont les principaux.

Histoire

Le terme sorcier apparaît la première fois en 589, car dans l’antiquité on disait  magicien. La sorcellerie est cependant un art ancestral, une tradition orale transmise de génération en génération depuis l’antiquité. Celle-ci s’essouffle avec les nouveaux cultes, malgré tout, elle ne disparut jamais.

Les femmes pratiquent principalement cet art car elles sont plus sensibles aux influences et vivent plus malheureuses que les hommes dans les campagnes par leur quotidien dur et épuisant. Les théoriciens, pour la chrétienté, font un parallèle avec Eve ayant cédé aux paroles du démon. Dans l’antiquité grecque, on note le même fait : les femmes sont les plus pratiquantes. D’ailleurs, dans la mythologie, on trouve des sorcières telles Circé ou Médée, liées à la déesse Hécate et pas de sorciers.

« Pour un sorcier, dix mille sorcières. »
Jules Michelet

D’autres personnes ont été accusées de sorcellerie : bergers, maréchaux-ferrants (travaillant avec les flammes dignes des enfers), tailleurs et cordonniers (souvent infirmes), bûcherons (vivant au fond des forêts), les colporteurs, les taupiers (pour leurs secrets), les séminaristes (n’ayant pas atteint l’ordination).

Durant l’antiquité, les sorciers étaient aussi craints que respectés et tenus à l’écart. C’est au Moyen-Âge que débute la persécution des sorciers qui deviennent les boucs émissaires de maux qui rongent le pays.

Au XVIème siècle, à la Renaissance, les procès de sorcellerie sont plus nombreux, pour les mêmes raisons qu’auparavant. Mais aussi parce que la sorcellerie remettait en avant des pratiques anciennes, jugées désormais païennes et hérétiques.

La persécution des sorcières se poursuivit au XVIIème siècle, siècle de la Raison connaissant de nombreuses guerres et misères. Enfin, les choses se calmèrent au XVIIIème siècle ; le siècle des Lumières plus instruit, la croyance au malin et à sa crainte diminuent. Dans certains milieux comme à Versailles, la pratique de la sorcellerie devient une distraction, un amusement. Il y eut tout de même quelques procès, qui concernaient plus de charlatans que d’ accusations comme par le passé.

Au XIXème siècle, le clergé gagnant en puissance, on pouvait penser que les procès reprendraient. Ce ne fut pas le cas, car restant également plus éclairé, il se focalisa  sur les cas de possession.

Aujourd’hui, la sorcellerie n’est plus répandue comme par le passé. La majorité des personnes se déclarant sorciers relève des prétendus détenteurs de pouvoirs et sont souvent des charlatans. Il y a très peu de véritables pratiquants connus ou alors, ils sont très discrets et gardent bien le secret.

Références

Cinéma : Les Ensorceleuses (G.Dunne)

Télévision : Ma Sorcière bien-aimée (S.Saks), Charmed (A.Spelling)

Jeux vidéo : Fate/Grand Order (Type Moon)

Dernière modification le 24/12/2021 par Ervael