Jingū

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Impératrice, la reine Jingū est une des figures les plus illustres de la mythologie japonaise.

Introduction

/imDe son nom intégral Okinagatarashihime no mikono, Jingū (169-269) est souvent considérée comme le personnage semi-légendaire le plus important après Amaterasu. Cela vient du fait qu’elle était la femme de l’empereur Chūai. A sa mort, elle lui succède en 209 en tant que régente, le temps que leur fils Ōjin soit en âge de régner. On la confond parfois avec Himiko.

Jingū

Femme complexe, protectrice, combattante et chamane, elle partage des points communs avec Amaterasu, qui parfois lui donne conseil. Le grand fait qui lui a valu sa notoriété est la conquête de la Corée. Cependant du côté des historiens, le récit de Jingū n’est pas attesté, entre autres par le fait qu’il n’y a aucune trace de son règne en Corée à cette époque.

Histoire

La vision de la Corée

Lors d’une tentative d’invasion des Kumaso de l’île de Tsukushi, l’empereur Chūai tente par une séance de citharomancie (une forme de clairvoyance) de connaître la volonté des dieux. Cependant, Jingū se montre plus rapide à l’aide d’un rituel plus efficace (ou a une vision en songe selon la version). Elle reçoit alors le message suivant :

“Au couchant se trouve une terre où abondent l’or, l’argent et les trésors les plus éblouissants. Je vous octroie cette contrée !”

Cependant Chūai ne croit pas Jingū, car selon lui, en haut de l’île de Tsukushi, aucune terre n’est visible à l’horizon. Ainsi, il décide de monter une expédition pour vaincre les Kumaso, au lieu d’une pour chercher cette terre promise.

Malheureusement pour lui, cela mit en colère la divinité qui avait parlé à Jingū. Elle jugea Chūai indigne de régner et il mourut subitement alors qu’il pinçait les cordes de sa cithare. Dans une version qui se veut plus historique, Chūai fut tué en combattant les Kumaso.

La conquête de la Corée

Face à ce drame, des exorcismes sont organisés, on recherche dans tout le pays tous les actes tabous qui auraient pu mettre en colère les dieux. Amaterasu ainsi que trois divinités de la mer leurs répondent que l’enfant porté par Jingū devra régner.

Jingū rassemble une flotte dont les proues des navires honorent les dieux (ou elle emmène avec elle des joyaux magiques du dieu Ryūjin) et se dirigent vers la terre offerte par les dieux, escortés par des poissons.

Jingū en Corée

Lorsque le roi de Silla, ancien royaume de Corée voit arriver une telle flotte, il se soumet immédiatement et promet de verser un tribut au Yamato.

Dans une version plus réaliste, Jingū fait installer une commanderie dans le Sud de la péninsule coréenne. Elle tue le roi de Silla, qui ne reçoit aucune sépulture et elle retourne chez elle.

Le retour au Yamato

Comme son enfant est sur le point de naître, elle s’attache une ceinture de pierre autour du ventre pour retarder l’accouchement. Elle retiendra sa naissance de trois ans et son enfant naîtra juste après son retour. Il portera le nom de Homudawake et deviendra par la suite l’empereur Ōjin.

Comme depuis son départ aucun successeur de Chūai n’a été désigné, elle soupçonne des révoltes. Aussi elle déguise son navire comme une barque funèbre, afin de faire croire que l’héritier est décédé et y cache ses guerriers d’élite. Lorsqu’elle débarque, les rebelles sont écrasés, puis le prince pour avoir été fait passer pour mort est purifié, puis adoubé par un dieu. Il sera par la suite déifié en Hachiman, le dieu de la guerre.

Références

Littérature : Kojiki, Nihon Shoki

Lien externe (en) : The Legendary Empress (The MET)

Images : image 1, image 2 (Wikimedia Commons)

Dernière modification le 19/12/2025.

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