Brunehilde ou Brynhild

Des Valkyries, Brunehilde est la plus connue, surtout pour son histoire d’amour avec le héros Siegfried.

Fille d’Odin, Brunehilde est un des généraux valkyries, chargée de sélectionner les héros, les einherjars. Considérée comme la fille préférée d’Odin, elle est également la plus fidèle envers lui.

Brunehilde

Un jour Odin lui confia une mission sur Midgard. Freyja avait rendue stérile, Vara, la reine du Frankenland, la seule lignée humaine ayant du sang divin en elle. Odin ne voulant pas voir s’éteindre la lignée qu’il avait créé, chargea Brunehilde d’apporter à la reine une pomme d’éternelle jeunesse du jardin de Freyja, seul remède contre sa stérilité. Brunehilde se rendit au jardin de la déesse pour lui dérober une pomme. Mais évidemment, le jardin n’était pas sans surveillance et la guerrière dut affronter Udinn, qui gardait l’arbre. Après un dur combat contre cette bête aux proportions énormes, Brunehilde put enfin aller prendre la pomme. Mais Freyja n’était pas dupe et en trouvant le corps inerte de son gardien, elle comprit qu’Odin avait envoyé quelqu’un chercher une pomme pour aider Vara. Odin se retrouva piégé, ayant commandité un acte dont les propres lois qu’il avait créé condamnaient. Brunehilde fit alors croire que l’acte du vol de la pomme était de son propre chef, pour aider Odin, et fut bannie d’Asgard et envoyée à Midgard, la terre des hommes. Pour la punir aux yeux de tous, Odin lui enleva son statut divin et elle devint une simple mortelle. Arrivée sur Terre, elle apporta la pomme à Vara. Ne sachant quoi faire, elle se mit à son service et aida le roi à unir les tribus germaniques. Cependant Odin ne l’oublia pas et de temps en temps il lui confia des missions.

Au contact des hommes, Brunehilde se rendit compte qu’ils n’étaient pas si différents des dieux dans leurs comportements. Elle commença à raconter de ville en ville comment étaient les dieux et attira leurs foudres. Odin prit cela comme une injure et une critique de Brunehilde envers les siens. Pour la punir, il la condamna à rester prisonnière d’un cercle de flamme, dans une grotte, jusqu’à ce qu’un homme assez courageux puisse la délivrer. Cependant, Odin ne voulant pas la faire souffrir, car malgré tout il gardait de l’affection pour elle, plongea la jeune femme dans un sommeil profond.

Des années plus tard, elle fut délivrée. Son libérateur s’appelait Siegfried. Ce jeune homme avait affronté le géant Fafnir, transformé par sa cupidité en dragon, afin de récupérer l’Anneau de Nibelungen qu’il gardait dans sa tanière. A la fin du combat, Siegfried, couvert du sang du dragon, s’aperçut que celui-ci rendait sa peau aussi dure que de la pierre. Il se roula alors dedans afin de couvrir entièrement son corps. Seule une petite zone entre ses omoplates ne fut pas imprégnée du sang du dragon à cause d’une feuille qui s’était collée sur sa peau. Après sa victoire, Siegfried avait entendu parler d’une magnifique valkyrie prisonnière dans une grotte que personne n’était parvenu à délivrer. Toujours en quête d’aventures, Siegfried alla la délivrer. Il put traverser les flammes sans problème et sortit Brunehilde de son sommeil éternel.

Brunehilde et Siegfried tombèrent amoureux l’un de l’autre, mais le devoir rappela le héros. Siegfried parti en laissant à Brunehilde l’anneau de Nibelungen. Ses aventures le menèrent chez le roi Gjuki. Très rapidement un mariage fut proposé entre Siegfried et Gutrune, la fille du roi. Siegfried refusa, déclarant aimer Brunehilde, mais la reine Grímhildr lui fit boire un philtre d’amour pour qu’il reste auprès de sa fille. Le jeune homme tomba amoureux de Gutrune, oubliant son amour pour Brunehilde. Gunnar ou Gunther le frère de Guntrune n’étant pas marié, Grímhildr lui proposa d’aller demander en mariage Brunehilde. Se doutant que la valkyrie refuserait, elle demanda à Siegfried de le faire à sa place. Prenant l’apparence de Gunther à l’aide d’un sortilège, il se présenta devant Brunehilde et la demanda en mariage mais elle refusa. Il l’enleva la valkyrie qui ne put résister contre lui, car il restait invulnérable même sous cette apparence. Quand Brunehilde arriva devant le véritable Gunther elle découvrit la vérité, ne comprenant pas pourquoi Siegfried la rejetait et la donnait à un autre. Elle lui rendit son anneau et épousa sous la contrainte Gunther.

Le mariage ne fut jamais consommé. Brunehilde n’aimant pas Gunther, on dit que tous les soirs, elle le ligotait au pied du lit. Plongée dans la tristesse, Brunehilde désirait se venger de Siegfried, mais n’avait aucune solution à cause de son invulnérabilité. Un jour Hagen, un ami de Siegfried vint à elle et lui proposa de le tuer pour elle, prétendant connaître le point de faible de Siegfried. Brunehilde accepta et Hagen se prépara à tuer Siegfried. Lors d’une partie de chasse, alors qu’il était seul avec Siegfried, il fit boire un antidote contre le philtre d’amour. Siegfried retrouva ses esprits, tomba à genou en larmes, prenant conscience de ce qu’il avait fait à Brunehilde. Hagen profita de cet instant pour tuer Siegfried d’un coup de lance dans le dos.

Hagen revint en annonçant la mort de Siegfried, tué par un sanglier. Gutrune n’ent cru pas un mot et Hagen, par prétention finit par avouer qu’il avait tué Siegfried, mais dit que ce fut lors d’un duel. Comme le voulait la tradition, le vainqueur d’un duel pouvait demander le gain qu’il voulait et Hagen demanda l’anneau de Nibelungen. Brunehilde se rendit compte à ce moment-là que l’anneau attirait la convoitise de ceux qui ne le possédaient pas et qu’il attirait le malheur à son possesseur. Cet objet était maudit et elle avait fait tuer celui qu’elle aimait alors qu’il lui avait fait subir ses épreuves sans le vouloir. Brunehilde tua Hagen qui avait profité de son état et récupéra l’anneau. Désespérée et n’ayant plus rien à quoi se raccrocher, lors des funérailles de Siegfried, elle se jeta dans le bûcher du héros, détruisant l’anneau de Nibelungen avec elle.

 

Références :

Littérature : Hereid Brynhildar (Edda), La Malédiction de l’Anneau (E.Brassey)

BD : Crépuscule des dieux (Istin, Lemercier)

Poésie : Siegfried Lied (Galland, le temps, les loups)

Musique : l’Anneau des Nibelung (Wagner)

 

Image : G.Lemercier