Les sorcières russes

Dernière modification le 20/04/2021 par Mibetama

Pratiquantes, les sorcières slaves ont quelques particularités.

Origines

Théoriquement il y a des hommes et des femmes qui pratiquent la sorcellerie. Mais, les sorcières russes (ou slaves) sont bien plus nombreuses que leurs homologues masculins. Les récits qui parlent d’elles ont des similitudes avec les descriptions des sorcières d’autres régions du monde. Le démon séduit uniquement les femmes ; de ce fait, il y a plus de sorcières que de sorciers. De plus, on dit que les femmes ont plus d’attrait pour les arts magiques que les hommes, et sont parfois gardiennes de rites anciens.

Mais, certaines deviennent sorcières par leur naissance. D’autres, le sont  par choix et par apprentissage en pactisant avec des forces obscures ; dans ce cas-là, elles reçoivent des diablotins qui les guident. Elles peuvent, également,  se laisser séduire par un serpent de feu, et non par le démon.

Description et pouvoirs

Semblables aux humains, les sorcières vivent parmi eux. Mais, elles possèdent une petite queue animale qu’elles doivent dissimuler (seule différence des sorcières russes avec les autres). Généralement, il y en a une par village. Elles sont souvent vieilles et laides ou quelquefois jeunes et belles ; elles sont vêtues d’une longue chemise blanche sans ceinture, mais parfois elles sont nues. Adorant le lait, elles volent  très souvent celui des vaches et on peut les attirer aisément avec du fromage blanc.

Leurs pouvoirs sont liés aux forces surnaturelles, au commandement de serpents ou de grenouilles et à la force impure. Elles prononcent des incantations, dont beaucoup ne mentionnent pas le démon mais la religion, afin d’utiliser leurs pouvoirs. Leur puissance est grande. Elles sont appelées pour chasser les mauvais esprits, soigner les maladies, désenvoûter, calmer les angoisses, apaiser les colères et les haines, et aussi attiser les passions. Le cas échéant, elles confectionnent des amulettes appropriées.

Elles peuvent agir de manière bienveillante, aussi bien que malveillante en déchaînant les éléments (en plongeant simplement un pot dans l’eau, le remuer, et provoquer une tempête). En Ukraine, on raconte que la sorcière qui a provoqué la tempête se trouve en son milieu ;  si on lance une hache, l’arme revient avec du sang de cette sorcière blessée. D’autres versions disent que les tempêtes sont provoquées par le combat entre sorcières et démons. Les sorcières invoquent la grêle, ou à leur gré, retenir  la pluie en la mettant dans des pots ou des outres, ce qui leur vaut le surnom de chasseuses de nuages. Elles peuvent aussi influencer la traite du lait des vaches, la fertilité. Elles ont la possibilité de se métamorphoser (anguilles, pelotes de fils, sacs, bottes de foins, tonneaux qui roulent, serpents ou animaux de ferme), tout en laissant parfois leur corps original endormi quelque part.

La nuit, lors de leurs rassemblements, elles peuvent dérober les astres afin d’augmenter leurs pouvoirs, et ainsi créer des éclipses solaires en plein jour. Comme les autres sorcières, le ciel est leur voie de prédilection pour se déplacer sur un balai ou une pelle, un tisonnier, une fourche, un mortier (comme Baba Yaga la plus connue des sorcières russes). Lorsqu’elles quittent une maison, elles s’envolent le plus souvent par la cheminée. D’autres fois, elles se déplacent sur des cervidés et se servent de serpents en tant que cravaches.

Rassemblements

À chaque solstice, au Mont chauve en Ukraine connu pour avoir abrité un culte païen, les sorcières russes se rejoignent. Elles sont souvent appelées : les sorcières de Kiev (en Russie, on dit que toutes les sorcières tiennent leur savoir de celles de Kiev). Durant ces rassemblements, les paysans attachent solidement leurs bêtes et se préparent à avoir des nuits terribles ; les sorcières dansent et chantent des airs dont les paroles ne peuvent être comprises que par elles. Dans certaines régions, elles y festoient, boivent, se livrent à des ébats amoureux les sorciers étant présents ; pour certaines réunions cela va jusqu’au sacrifice collectif. 

Mort

Leur fin de vie est longue à arriver. La sorcière ne peut mourir qu’après avoir transmis ses pouvoirs ;  sinon son agonie serait lente, les mauvais esprits entreraient en elle, se poseraient autour de sa maison et sur son toit. Lors de son décès, des serpents et des crapauds sortent de son corps et elle peut provoquer un immense incendie. Souvent, après sa mort, on ouvre sa tombe pour lui percer le cœur avec un pieu de tremble comme pour les morts impurs, car par ses méfaits et sa nature, la sorcière russe peut en devenir un.