Apollon ou Phoebus

Divinité des arts et de la médecine, Apollon est un dieu important des mythes grecs.

Fils de Zeus et de Lêto (fille du titan Coeos), frère d’Artémis, Apollon est le dieu de la musique, des chants, de la poésie et de la médecine. Il est également le dieu de la divination ; nombreux furent ceux qui allèrent consulter la Pythie, l’oracle qui  lui sert d’intermédiaire avec les hommes.

Apollon ou Pheobus

Lêto trouva refuge sur l’île de Delos, seule île de la mer Egée, qui l’accepta pour la naissance de ses enfants. Les habitants de l’île avaient d’abord refusé d’abriter Lêto, car ils craignaient la vengeance future du dieu Apollon pour être né sur cette île au sol si dur. Mais, Lêto leur promit que son fils érigerait son temple sur leur île. Lors de l’accouchement, les titanides Thémis, Amphitrite, Rhéa et l’océanide Dioné aidèrent Lêto. Artémis naquit la première, ensuite Apollon se fit attendre. Héra, la femme de Zeus, jalouse une fois de plus qu’une femme conquise par son mari donne naissance à un enfant, retint Ilithyie, la déesse des accouchements, sur l’Olympe. Au bout de neuf jours et nuits, les déesses pour convaincre Ilithyie de faire son travail, lui donnèrent un collier en or et Apollon naquit enfin.

Aussitôt, Thémis offrit à Apollon le nectar et l’ambroisie ; le dieu réclama en même temps ses attributs : la lyre et l’arc. Peu après, Zeus lui confia un char tiré par des cygnes et lui demanda de se rendre à Delphes. Apollon ne s’y rendit pas de suite et alla avant chez les hyperboréens, un peuple sacré qui ne connait ni la vieillesse ni la maladie, où le soleil brille en permanence, et qui selon les récits, serait le pays de Lêto. Au bout d’un an, il finit par se rendre à Delphes et reviendra chez les hyperboréens tous les dix-neuf ans.

Arrivé à Delphes, Apollon découvrit que la ville vivait dans la terreur à cause du serpent Python. Apollon le tua avec son arc et ses flèches, puis il établit son oracle. Dans le temple, au-dessus d’une faille, il installa un trépied sur lequel la Pythie rendrait ses oracles. Voyant des navires crétois longer la côte, il se transforma en dauphin et secoua les bateaux les obligeant à accoster. Sur le rivage, il se présenta et demanda aux marins de devenir ses prêtres, ce qu’ils acceptèrent.

Apollon est un dieu vindicatif punissant ceux qui le défient ou s’en prennent au siens, surtout lorsqu’il s’agit de sa mère. Avec Artémis, il tua Tityos qui s’en était pris à elle, et ils criblèrent de flèches les filles de Niobé qui s’étaient moquées d’elle. Parmi ses autres victimes, on peut citer les Aléoades qui voulaient gravir l’Olympe, le satyre Marsyas qu’il écorcha vivant pour l’avoir défié à la flûte et le roi Midas qui se retrouva affublé d’oreilles d’âne pour avoir préféré le son de la flûte à celui de la lyre.

Par deux fois, cet aspect de sa personnalité lui valut d’être puni en devant servir les hommes. La première punition fut pour avoir comploter contre Zeus avec Poséidon, Héra et Athéna. Il se retrouva esclave du roi de Troie Laomédon et dut construire les murailles de la cité. Seulement le Laomédon refusa de payer le salaire convenu et Apollon lança la peste sur la ville. Il est étrange que par la suite, il se rangea du côté des troyens lors de la Guerre de Troie. Il dut s’opposer indirectement à sa demi-soeur, Athéna, tout au long du conflit où il prit l’apparence d’un humain pour conseiller Hector, et sauva Enée à deux reprises. Il intervint  pour repousser Achille et entraîna Patrocle, le protégé d’Achille, vers la mort en lui dérobant ses armes, le laissant sans défense devant les troyens. A la fin de la guerre, il guida Pâris afin qu’il atteigne, avec son arc, le talon d’Achille, le blessant mortellement.

La deuxième punition fut pour avoir voulu se venger de Zeus. Ne voulant pas voir le cours de la vie bouleversé, Zeus tua le fils d’Apollon Asclépios, qui avait ressuscité des morts. Apollon, ne pouvant pas s’attaquer directement à Zeus, attaqua les Cyclopes, les inventeurs de la foudre. Zeus le contraignit à surveiller le troupeau de vaches du roi Admète de Thessalie ; les vaches décuplèrent leur production à cette époque.

Du côté sentimental, Apollon n’a pas beaucoup de chance. Malgré sa grande beauté, qui le désigne comme le plus beau des dieux, la majorité de ses aventures, avec des nymphes, échouent comme par exemple, avec la nymphe Daphné, qui désirant rester vierge se refusa à lui. Apollon la poursuivit et la nymphe demanda à son père, le fleuve Pénée, de l’aider : il la transforma en laurier ; Apollon en fit l’un de ses symboles. Il aima aussi la nymphe Coronis, mais elle le trompa ; dans sa fureur, il la jeta dans un bûcher, sauvant au dernier moment, Asclépios l’enfant qu’elle attendait de lui.

La seule qu’il arriva à conquérir fut la nymphe Cyrène. Il tomba amoureux d’elle en la voyant combattre un lion pour protéger son troupeau. Il alla ensuite consulter le centaure Chiron pour s’assurer de la pureté de ses sentiments, puis il alla voir Cyrène et lui déclara son amour. Il l’emmena en Lybie où le dieu souverain du pays lui donna une région qui se nommera la Cyrénaïque. De leur union, Cyrène donna naissance à Aristée qui enseigna l’apiculture aux hommes.

 

Références :

Littérature : L’Iliade (Homère)

Peinture : Apollon conduisant dans le char du soleil sa fiancée à Barberousse (G.Tiepolo, Résidence de Würzburg)

 

Liens externes : Le panthéon d’Homère (BnF), Galerie Aile Denon (Musée du Louvre), Temple de Didymes (Turquie-culture)