Le Paradis terrestre

Lieu de délice et de félicité, le Paradis Terrestre fut retiré aux hommes.

Présentation et emplacement

Territoire ne connaissant pas les maux, le Paradis terrestre est un lieu qui était réservé aux hommes, pour qu’ils y vivent paisiblement. Sa perte, suite à une faute commise, leur rendit le lieu inaccessible, voire perdu définitivement et mit fin à l’Âge d’Or.

C’est dans les récits bibliques que l’on trouve mentionné le Paradis terrestre le plus connu, soit le Jardin d’Éden. Il est situé selon les récits en Orient où naissait quatre grands fleuves dont le Tigre et l’Euphrate. Des textes du moyen-âge de Saint Augustin et Isidore de Séville le situent encore plus loin en Orient, où se situe l’Inde. Constantin d’Antioche, voyageur et marchand qui a écrit douze volumes sur la topologie du monde, plaça l’Éden au-delà des océans, dans une zone inconnue du monde où les hommes vivaient avant le Déluge.

Dante de son côté place l’Éden au sommet du mont Purgatoire, et d’autres désignent l’Éden comme un continent perdu, le reliant par exemple à l’Atlantide. Il existe de nombreuses autres théories sur sa localisation et de débats afin de déterminer s’il se situe dans une zone tempérée au torride. De nombreuses croyances et recherches fut menées, concernant tous les continents. Dans tous les cas, on pense qu’il se situe dans un endroit surélevé, ayant ainsi été épargné par le Déluge. Des philosophes comme Aristote, iront même le situer sur le chemin menant à la lune.

C’est dans l’Éden que Adam et Eve les premiers hommes sont placés, jusqu’à ce qu’ils en soient chassés pour avoir consommé des pommes qui leurs étaient interdites. Après cela l’entrée du jardin fut gardée par des chérubins et nul ne put y retourner.

La fontaine de jouvence

On trouvait dans l’Éden la fontaine de jouvence et il n’est pas le seul Paradis terrestre où est évoqué la présence d’un moyen pour obtenir l’immortalité ou la longue vie. Les légendes japonaises et mais surtout les chinoises désignent le mont Penglai comme Paradis terrestre. Pour les chinois, il était le lieu où se réunissaient les immortels du roi Liu An (à ne pas confondre avec les Huit immortels) et y poussaient les fruits donnant l’élixir de longue vie, d’autres guérissant tout. On y trouvait également des tasses de riz et des verres de vin toujours pleins. L’hiver y étaient absent comme la douleur.

Hindouisme, taoïsme et lieux paradisiaques

Dans l’hindouisme, on trouve une ancienne patrie des hommes, située sur le mont Meru, le domaine des dieux. Les mortels y vivaient à côté des dieux et on trouve dans le Mahâbhârata mentionné la cité de Indraloka, construite par Indra qui est très semblable à l’Éden.

Chez les taoïstes on trouve un Paradis terrestre plus imagé. C’est à travers un rêve qu’est décrit dans une légende un lieu sans dirigeants, naturel, sans danger au point que l’on ne pouvait jamais se noyer dans les eaux et où l’on était jamais blessé. Ce lieu était selon eux dans les montagnes de Kunlun.

Cette notion de lieu où l’on ne connaît pas la maladie, ni la mort est évoquée plus précisément chez les sumériens à travers Dilmun, un lieu merveilleux et chez les grecs avec l’Hyperborée, un territoire situé aux confins du monde. Cependant l’Hyperborée pour les grecs n’est qu’un lieu paradisiaque légendaire et encore existant. Ils partagent avec les égyptiens le récit d’une période, plus qu’un territoire, où le monde était autrefois un Paradis, jusqu’à la fin de l’Âge d’Or. Il ne s’agit donc pas pour eux d’un lieu perdu, les hommes se retrouvant dans le reste du monde, mais le monde qui était un paradis.

Références

Peinture : Le Jardin d’Éden (J.de Backer), Le Paradis terrestre (J.Bassano), Le Printemps ou le paradis Terrestre (N.Poussin)

 

Lien externe : plaque du Paradis terrestre (Musée du Louvre)