Le Paradis terrestre

Dernière modification le 09/08/2021 par Mibetama

Lieu de délices et de félicité, le Paradis Terrestre fut retiré aux hommes.

Introduction

Le Paradis terrestre était un lieu réservé aux hommes pour qu’ils y vivent paisiblement. En effet, c’était un Territoire qui ne connaissait pas les maux. Malheureusement, ce lieu devient inaccessible aux humains. Car sa perte, due à une faute commise, mit fin définitivement à l’Âge d’Or.

Récits bibliques

Les récits bibliques décrivent le Jardin d’Éden, paradis terrestre le plus connu. Selon les écrits, il était situé en Orient où naissaient quatre grands fleuves dont le Tigre et l’Euphrate. Mais, des textes du moyen-âge de Saint Augustin et Isidore de Séville le situent encore plus loin en Orient, où se trouve l’Inde. Pour Constantin d’Antioche, voyageur et marchand qui a écrit douze volumes sur la topologie du monde, l’Éden est au-delà des océans, dans une zone inconnue du monde où les hommes vivaient avant le Déluge.

Adam et Eve, les premiers humains, sont placés dans le jardin d’Éden. Cependant, pour avoir consommé des pommes qui leur étaient interdites, ils en sont chassés. Après cela, des chérubins gardent l’entrée du jardin et nul ne peut y retourner.

L’Éden de Dante

De son côté, Dante place l’Éden au sommet du mont Purgatoire. D’autres désignent l’Éden comme un continent perdu, le reliant par exemple à l’Atlantide. Sa localisation exacte provoque plusieurs théories et débats, afin de déterminer s’il est dans une zone tempérée ou torride. Ainsi, de nombreuses croyances et recherches furent menées, sur tous les continents. Dans tous les cas, on pense qu’il se situe dans un endroit surélevé, épargné par le Déluge. Des philosophes, tel Aristote, iront même le situer sur le chemin menant à la lune.

La fontaine de jouvence

On trouvait dans l’Éden la fontaine de jouvence. Mais ce n’est pas le seul paradis terrestre où l’on évoque la présence d’un moyen pour obtenir l’immortalité ou la longue vie. Les légendes japonaises et surtout les chinoises désignent le mont Penglai comme Paradis terrestre. Pour les chinois, c’était le lieu où se réunissaient les immortels du roi Liu An (ne pas confondre avec les Huit immortels). Il y poussait les fruits qui donnaient l’élixir de longue vie et d’autres qui guérissaient tout. On y trouvait également des tasses de riz et des verres de vin toujours pleins. L’hiver et la douleur y étaient absents.

Hindouisme, taoïsme et lieux paradisiaques

Dans l’hindouisme, on trouve une ancienne patrie des hommes, située sur le mont Meru, le domaine des dieuxles mortels vivaient à côté des dieux. Également, dans le Mahâbhârata, la cité de Indraloka, construite par Indra, est très semblable à l’Éden.

Chez les taoïstes, on découvre un Paradis terrestre plus imagé, à travers un rêve. Dans une légende, c’est un lieu naturel, sans dirigeant, sans danger. À tel point que l’on ne pouvait jamais se noyer dans les eaux et que l’on n’était jamais blessé. D’après eux, les montagnes de Kunlun abritent ce lieu.

Les sumériens, à travers Dilmun (lieu merveilleux) et les grecs, avec l’Hyperborée  (territoire situé aux confins du monde), évoquent plus précisément la notion d’endroit ne connaissant ni la maladie, ni la mort. Cependant, l’Hyperborée n’est qu’un lieu paradisiaque légendaire, encore existant. Ils partagent avec les égyptiens le récit d’une période, plus qu’un territoire, où le monde était autrefois un Paradis, jusqu’à la fin de l’Âge d’Or. Il ne s’agit donc pas pour eux d’un lieu perdu, les hommes se retrouvant dans le reste du monde, mais le monde qui est un paradis.

Références

Peinture : Le Jardin d’Éden (J.de Backer), Le Paradis terrestre (J.Bassano), Le Printemps ou le paradis Terrestre (N.Poussin)