Le Mahâbhârata

Dernière modification le 30/11/2020 par Ervael

Grande épopée hindou, Le Mahâbhârata narre la guerre entre les Pândavas et les Kauravas.

Introduction

Le plus grand poème épique du monde qu’est le Mahâbhârata, aurait, selon la légende, été écrit par Ganesha à la demande de Brahmâ.

L’accord des dieux

Le récit débute avec un accord entre la déesse Gangâ et les Vasus, les divinités au service du dieu Indra. Cet accord voulait que Gangâ tue tous ses fils, excepté le dernier. Elle était mariée à Shântanu le roi de Hastinâpura (au Nord de l’Inde) mais, lorsqu’elle le quitta, il tomba amoureux de la nymphe Satyavatî. Shântanu, pour avoir sa main, passa un accord avec son père Brîshma : ses enfants hériteraient du royaume, mais en échange Brîshma ne devait pas avoir d’enfants.

Ils se marièrent et eurent deux fils qui moururent, mais le plus jeune laissa deux filles : Ambikâ et Ambalikâ. Comme le voulait la tradition, le parent le plus proche devait s’unir à elles pour engendrer un héritier. Brîshma refusa pour tenir sa promesse ; l’honneur revenait donc à Vyâsa, fils de Satyavatî qu’elle avait eut avec un mage avant de connaître Shântanu, mais dont l’existence restait secrète. Satyavatî fit croire à ses filles qu’elles trouveraient dans leurs chambres le beau Brîshma et elles furent horrifiées en découvrant Vyâsa, à l’allure d’ascète et le regard hagard.

Ambâlikâ eut peur et son fils fut nommé Pându signifiant le pâle. Ambikâ se masqua les yeux et son fils fut nommé Dhritarâshtra signifiant l’aveugle. Pându hérita du royaume de Hastinâpura et eut deux femmes : Kuntî et Mâdri. Mais il ne pouvait pas avoir d’enfant, ayant été maudit par un sage. Cependant, Kuntî avait été bénie par un autre sage et avait obtenu de pouvoir s’unir avec cinq dieux différents.

Karna, le premier fils de Kuntî

Son premier fils fut conçu avec le dieu du Soleil Sûrya, qui donna à l’enfant l’armure divine Kavancha. Mais étant seulement promise à Pându à l’époque, elle dut abandonner l’enfant. Elle le jeta dans un couffin dans un fleuve, et l’enfant fut retrouvé par Athirathan, un charretier, qui l’adopta et le nomma Karna.

Par le sang coulant dans ses veines, Karna ne voulut par suivre les traces de son père adoptif, mais devenir guerrier. Il se rendit auprès de Dronacharya à la tête de la caste des guerriers des Kshatriyas. Mais Dronacharya refusa de le prendre comme élève. Karna se rendit alors auprès de Parashurama se faisant passer pour un brahmane, car le maître n’acceptait pas d’autres personnes.

Parashurama lui enseigna l’art de la guerre et celui de l’arc jusqu’à ce qu’il finisse par l’égaler. Mais un jour, où Parashurama faisait la sieste la tête posée sur les genoux de Karna, une abeille tournait autour d’eux. Elle finit par piquer Karna à la cuisse et il ne bougea pas afin de ne pas réveiller son maître. Quand Parashurama eut fini sa sieste, il aperçut le sang de la piqûre sur Karna, qui dévoilait ainsi qu’il n’était pas brahmane. Il maudit Karna, faisant en sorte que lorsqu’il aurait le plus besoin de tout son savoir de guerrier, dont le maniement de l’arme divine Brahmastra qu’il avait reçu, il faillirait

Les autres fils de Kuntî

Les autres fils de Kuntî furent Yudhisthira (ou Youdhistara) l’aîné avec Dharma le dieu du devoir et de la loi, Bhîma (ou Bhimsa) avec Vâyu le dieu du vent et Arjuna le blanc (ou le pur) avec le dieu de l’orage Indra. Elle offrit sa cinquième bénédiction à Madrî qui eut avec les Ashvins les cavaliers du soleil les jumeaux Nakula et Sahadeva.

La mort de Pându, les Pândavas et les Kauravas

Lorsque Pându mourut, Arjuna et ses frères, qui étaient surnommés les Pândavas (pour fils de Pându), devinrent héritiers du trône de Hastinâpura. Comme ils étaient trop jeunes, c’est leur oncle Dhritarâshtra qui devint régent.

Dhritarâshtra éleva ses neveux en même temps que ses fils qui étaient nommés les Kauravas. Guerriers dans le sang, les Pândavas et les Kauravas apprirent les armes auprès du brahmane Dronacharya. Les Pândavas se révélèrent tous d’excellents guerriers, Arjuna était le meilleur, entre autre à l’arc.

Cela commença à attiser la jalousie des Kauravas, mais Duryodhana leur aîné veillait et calmait les disputes. Cependant, Dronacharya leur demanda un jour de combattre son ennemi Drupada, qui avait pour fille Draupadî (une incarnation de la déesse Lakshmi). Alors que Duryodhana et les siens furent mis en déroute, les Pândavas commandés par Arjuna capturèrent Drupada. Cette défaite était de trop pour les Kauravas qui devinrent ennemis des Pândavas.

Etant son fils préféré, Duryodhana obtint facilement de Dhritarâshtra le trône,   et eut également son autorisation pour éliminer les Pândavas. Il les invita à une fête dans un palais dont il fit enduire les murs de beurre pour y mettre le feu. Cependant, les Pândavas l’apprirent et eurent le temps de fuir avec leur mère, alors que le palais brûlait. Commença pour Arjuna et ses frères une période d’errance, déguisés en brahmanes, tout le monde les pensant morts.

Un jour, Arjuna participa à un concours de tir à l’arc et gagna la main de Draupadî, la fille de Draupada. Lorsqu’il annonça à sa mère qu’il avait gagné un prix, elle lui ordonna de le partager avec ses frères, sans savoir qu’il s’agissait de la main d’une princesse. Malgré tout, Arjuna obéit à sa mère et Draupadî fut partagée avec ses frères.

Malheureusement, Arjuna avait été reconnu lors du concours et tout le monde apprit que les Pândavas étaient vivants. Les Kauravas cherchaient un moyen de les éliminer pour de bon, mais Dronacharya leur conseilla de leur donner la moitié du royaume pour la paix.

Indraprashta, la cité des Pândavas

Les Pândavas choisirent la région désertique de Khândavaprashta, et fondèrent Indraprashta (Delhi aujourd’hui). Lorsqu’elle fut achevée, ils invitèrent les Kauravas  pour de grandes festivités. Une fois encore, la jalousie de Duryodhana fut attisée, tant la cité était belle et les festivités grandes. Il fit construire un nouveau palais en cristal d’or et lapis-lazuli. Il invita à son tour les Pândavas pour l’inauguration et lors de la fête, il piégea, aux dés,  Yuddhishtra un des frères d’Arjuna qui n’était pas bon à cela, en le faisant jouer contre Shakuni qui, lui connaissait tous les secrets de ce jeu. Yuddhishtra fit perdre tout ce qu’avait les Pândavas : royaume, liberté et même Draupadî. La jeune femme fut cherchée et traînée devant les Kauravas qui essayèrent de lui arracher tous ses vêtements ; mais elle implora Vishnou qui la prit sous sa protection et ses vêtements devinrent indéchirables.

Dhritarâshtra qui avait consentit à tout cela, entendit un soir le cri d’un chacal, signe de malheur pour ses fils. Afin d’obtenir pardon, il accorda à Draupadî trois vœux. Elle demanda la liberté des Pândavas et la sienne, rejetant le troisième vœu car ils n’avaient pas besoin de plus. Duryodhana n’était cependant pas prêt à les libérer et il obtint de Dhritarâshtra un dernier lancé de dés pour éviter toute violence pour résoudre la discorde. Les conditions étaient simples : le camp qui perdrait partirait en exil pendant treize ans. Les Kauravas gagnèrent à nouveau et les Pândavas s’en allèrent.

Arjuna et le nouvel exil des Pândavas

Arjuna décida de partir seul de son côté, sous les conseils d’un sage vers l’Himalaya. Il y trouva Shiva qui lui remit Pâshupata, une arme divine. D’autres dieux l’aidèrent en lui donnant d’autres armes, puis Arjuna partit retrouver son père Indra. A ses côtés, il s’entraîna durant plusieurs mois afin de préparer la revanche sur les Kauravas. Le moment venu, il rejoignît, sur un char conduit par Mâtali, le cavalier d’Indra ses frères.

Avec ses frères ils accomplirent de nombreux exploits, aidant entre autres le roi Virâta contre des rapaces envoyés par les Kauvaras. Virâta devint leur allié dans la reconquête de leur royaume, qui s’approchaient. En vue de ces batailles Kauravas et Pândavas se tournèrent vers leur cousin Krishna, qui refusa de prendre parti. Il accorda cependant une grande armée à un camp et ses conseils à l’autre. Arjuna choisit les conseils de Krishna.

La guerre entre Pândavas et Kauravas

Avant la guerre, ils tentèrent de négocier pour éviter de faire couler le sang, mais Duryodhana refusa, décidé à tuer les Pândavas. Krishna tenta de convaincre Karna qui avait rejoint la Kauravas de s’unir avec ses frères. Mais Karna refusa et déclara qu’il ne tuerait aucun de ses frères. La bataille finit par avoir lieu, Bhîshma commandait les Kauravas, toujours aussi puissant malgré son âge et Arjuna dirigeait les Pândavas. Krishna prit la place du conducteur du char d’Arjuna pour le guider et lui conseilla de se méfier de Karna, car il était le meilleur combattant Kauravas. Arjuna trouva l’envie de combattre et partit à l’assaut, affrontant en duel Karna.

Le Mahâbhârata, Krishna conduit le char d'Arjuna

Le combat fut serré, aucun des deux guerriers ne parvenait à prendre le dessus sur l’autre, jusqu’à ce que le char de Karna s’embourbe. Arjuna poursuivit ses assauts. Karna tentait de libérer son char et se défendait comme il pouvait et au final se trouva piégé. Il demanda à Arjuna, en vertu des traditions, de lui laisser le temps de libérer son char pour ensuite reprendre le combat. Krishna intervint à nouveau auprès d’Arjuna pour lui rappeler les traîtrises qu’ont pues commettre les Kauravas. Arjuna rendu furieux par le rappel de ces actes, prit Anjalika, une de ses armes divines, et le blessa grièvement.

Pendant ce temps, Sûrya étant en train de se disputer avec Indra, le père de Arjuna, afin de savoir quel fils était le meilleur. Voyant Karna sur le point de succomber, ils se mirent d’accord pour lui imposer une dernière épreuve.Ils se présentèrent à lui sous l’apparence de deux brahmanes. Karna refusa de leur donner l’aumône ; car dans son état, il disait ne plus rien avoir à donner. Cependant, un des deux brahmanes lui fit remarquer qu’il pouvait donner de l’or d’une de ses dents. Karna prit une pierre et se brisa la dent pour leur donner, prouvant par son geste sa supériorité.

Une autre version de la bataille raconte que Karna tenta, durant son duel avec Arjuna, de le blesser avec son javelot divin, reçu d’Indra. Cependant, il manqua Arjuna et se retrouva à sa merci. Il lui demanda clémence et pardon, mais Arjuna refusa, compte tenu de ses méfaits avec les Kauravas et avec Draupadî, et il le tua.

La bataille se poursuivit dans un véritable carnage, les Kauravas tombant un à un. Ceux qui implorèrent pardon mais avaient bafoué Draupadî furent exécutés, y compris Shakuni pour les avoir piégés aux dés. Duryodhana s’enfuit pour se cacher, mais Yudhishthira le retrouva. Si Duryodhana concéda le royaume pour sa vie, Yudhishthira voulait l’affronter. Duryodhana accepta alors de combattre tous les Pândavas en combat singulier. Bhîma l’affronta en premier et le terrassa sans le tuer, le laissant ramper jusqu’à son camp.

La fin de la guerre

Si la guerre était gagnée pour les Pândavas, elle n’était pas encore perdue pour certains Kauravas comme Ashvatthâman, le fils de Dronacharya, qui se glissa la nuit dans le camp des Pândavas. Il massacra tous ceux qu’il croisa et ramena les têtes de ce qu’il croyait être les fils de Draupadî. Il réveilla le matin Duryodhana pour les lui montrer et le Kauravas se sentit revigoré par cette annonce de victoire. Mais quand il vit ces têtes, elles n’étaient pas des Pândavas ; car la nuit passée ils n’étaient pas dans leur propre camp, mais en train de piller un camp des Kauravas. Duryodhana mourut voyant que sa défaite était totale. Arjuna et les siens allèrent trouver Dhritarâshtra, qui finit par céder le trône de Hastinâpura et la paix fut à nouveau instaurée.

Références

Littérature : Le Mahâbhârata

Jeux vidéo : Fate/Apocrypha et Fate/Grand Order (Type Moon)

Liens externes (fr) : critique (l’Express), Les grands poèmes épiques indiens (Gallica)

Liens externes (en) : Ganguli English translation (Internet Sacred Text Archive), Unforgettable Lessons in An Indian Epic of Family Fighting (Ancient Origins), Ancient Indian Epic (Ancient History), Ancient Sanskrit Epic (McGill)