Critique : La fille qui avait bu la lune (K.Barnhill)

Si le nom de Kelly Barnhill ne vous dit rien, alors retenez-le bien, car vous allez sans doute l’entendre à nouveau. Auteur américaine jeunesse, c’est avec La fille qui avait bu la lune, qu’elle a fait sa renommée aux États-Unis et son roman a eu plusieurs récompenses prestigieuses : N°1 sur la liste des bestsellers du New York TimesMeilleur livre jeunesse 2016 par Entertainment WeeklyLauréat de la Newberry Medal. Les commentaires en sont élogieux :

« La Fille qui avait bu la lune est aussi excitant et profond que Peter Pan ou Le Magicien d’Oz. »

The New York Times

Fort de son succès, Fox animation va prochainement en faire l’adaptation (réalisé par Carlos Saldanha) et le roman est sorti en version française aux éditions Anne Carrière et c’est de celle-ci que nous allons faire la critique.

La fille qui a bu la lune de Kelly Barnhill

Synopsis :

Chaque année, les habitants du Protectorat abandonnent un bébé en sacrifice à la redoutée sorcière des bois. Ils espèrent ainsi détourner sa colère de leur ville prospère. Chaque année, Xan, la sorcière des bois, se voit contrainte de sauver un bébé que les fous du Protectorat abandonnent sans qu’elle ait jamais compris pourquoi. Elle s’emploie à faire adopter ces enfants par des familles accueillantes dans les royaumes voisins. Mais cette année, le bébé en question est différent des autres : la petite a un lien étrange avec la lune et un potentiel magique sans précédent. Contre son gré, Xan se voit obligée de la ramener chez elle et de persuader ses amis réticents d’élever cette enfant pas comme les autres. Ils la baptiseront Luna et ne tarderont pas à en devenir gâteux. Xan a trouvé comment contenir la magie qui grandit à l’intérieur de la petite, mais bientôt approche son treizième anniversaire, et ses pouvoirs vont se révéler…

Inutile de tourner autour du pot, La fille qui avait bu la lune est un roman de fantasy, un conte merveilleux dont le succès n’est pas volé. On retrouve dans l’univers de Kelly Barnhill les ingrédients des contes et de la fantasy, mais elle joue avec en sortant des schémas classiques. En résulte un univers charmant, poétique, magique, envoûtant mais aussi dur et cruel par certains aspects. On peut donc supposer qu’à ce niveau là, la traduction française à parfaitement su retranscrire cela.

Une force également de son univers est son développement. On est souvent habitués que pour les contes et certains romans de fantasy jeunesse, certains aspects de l’univers ne soient pas développés, quand il n’y a pas d’incohérence. Ce qui n’est pas le cas ici, car tout les éléments nécessaires à la compréhension ou sur lesquels le lecteur pourrait s’interroger sont expliqués. Ainsi il n’a pas à se demander le pourquoi certaines choses sont comme cela, ses seules interrogations se tournent vers son interprétation de ce qui se déroule.

Evidemment ces interprétations passent par les personnages, ils sont attachants et une force là aussi de ce roman est d’avoir renversé certains rôles car des êtres souvent présentés comme les mauvais des histoires sont ici au contraire des êtres bienfaisants. Ainsi, cela donne plus de profondeur également aux personnages par ces renversements. Cependant, les deux personnages les plus profonds restent Luna. le bébé recueillit par la sorcière et Antain un jeune garçon vivant dans le Protectorat. Le récit se poursuit au fil des ans et de leur évolution, qui les amène à se confronter aux thèmes communs de l’humain et les sentiments qu’il peut éprouver.

Des thèmes abordés avec un certain sérieux, car ils ne sont pas juste là mais font partie du cœur du roman, lui donnant une double lecture, une par le regard de jeunes lecteurs, l’autre par un regard plus adulte. Mais là où pour beaucoup de romans jeunesses, un lecteur adulte aura seulement plus de compréhension par son expérience, ici il aura ses propres réflexions. De ce fait, La fille qui avait bu la lune bien que classé jeunesse, n’est pas un roman que pour celle-ci et emportera dans son récit un très large public.

On ne peut donc que vous conseiller de vous plonger dans ce conte, qui a tous les atouts pour devenir un incontournable du genre. Une lecture très rafraîchissante parce qu’elle propose et qui en ce mois de décembre peut-être une très bonne idée de cadeau.

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